« L'an 1764 et le 1er Juillet, à été enterrée, Jeane BOULET, sans sacremens, ayant été tuée par la bette féroce, présans Joseph VIGIER et Jean REBOUL. »
La victime fut enterrée « sans sacrements », n'ayant pu se confesser avant sa mort. On relève toutefois sur la consignation de sa mort que le curé de la paroisse mentionne[N 2] qu'elle fut victime de la bête féroce, ce qui suggère qu'elle ne fut pas la première victime réelle mais seulement la première déclarée.
Une deuxième victime est rapportée le 8 août. Âgée de 14 ans, elle habitait au hameau de Masméjean, paroisse de Puy-Laurent[2]. Ces deux victimes l'ont été dans la vallée de l'Allier. Les suivantes, dès la fin du mois d'août, et durant le mois de septembre, auront lieu autour et dans la forêt de Mercoire[3].
Étienne Lafont, syndic du diocèse de Mende, est à Marvejols en ce fin du mois d'août. C'est depuis cet endroit qu'il envoie des chasseurs de Mende, dirigés par le sieur Mercier, afin de venir en aide aux chasses qui se mettaient peu à peu en place à proximité de Langogne[1]. Cependant, Lafont se rend vite compte que ces chasses ne seront pas suffisantes, et averti donc M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc, et M. le comte de Montcan, gouverneur de la province, de la situation. C'est ce dernier qui donne l'ordre au capitaine Duhamel, stationné à Langogne avec ses dragons, de mener la chasse à la Bête
